dimanche 30 juillet 2017

RÉVOLUTION RELIGIEUSE EN EGYPTE

RÉVOLUTION RELIGIEUSE EN EGYPTE
Abydos en est la ville, Osiris le dieu, Ramsès le roi, Hermès le prêtre.
Ces noms vont couvrir de ténèbres l'antique lumière qui avait resplendi sur l'Egypte primitive. A la vieille civilisation morale de la séculaire Gynécocratie, on va substituer cette fausse civilisation faite de violence, d'injustice et de cruauté, qui entraîne les nations dans la barbarie.
Les prêtres qui ont écrit l'histoire de l'Egypte nous ont caché la transformation lente de l'ancien système et ont mis le régime masculin à l'origine de l'histoire. Partout le même système a prévalu.

CRÉATION DU SURNATUREL
La Déesse avait fait la science. Le Prêtre, en prenant sa place et en donnant sa divinité à l'homme, voulut aussi lui donner le savoir. Il l'imite en tout, lui prend son costume, sa robe (d'où dé-rober), et, comme elle, veut enseigner, mais une seule chose l'arrête : la science.
Le Prêtre ne comprend pas cela, ne peut pas trouver en lui le fond de Vérité qui est dans la Déesse, ne comprend pas la cause de cette sagesse, de cette autorité mais il en a vu le prestige, et c'est cela qu'il envie et qu'il veut se donner par des apparences de sagesse et de sainteté. Il est persuadé qu'il peut faire ce que fait la femme.
A la loi Divine il va opposer la loi humaine, et c'est l'origine de l'erreur, le commencement du surnaturel.

HERMÈS « RÉVÉLATEUR »
Quand les hommes renverseront le culte féminin, ils donneront à Hermès le rôle rempli par la Déesse. C'est lui, Hermès qui a expliqué les lois de la Nature que l'antique Déesse Toth avait trouvées par sa faculté divine, son intuition féminine que le Sphinx symbolisait.
Mais le Prêtre, loin de continuer l'enseignement de la Vérité, va, au contraire, la cacher, la voiler ; de là le mot révélateur qu'on lui applique. Ce mot veut dire re-voiler (d'où révéler).
Cependant il prendra à la femme son beau titre de Trismégiste, pendant qu'il représentera la Déesse Toth par le singe pour se venger d'avoir été appelé cynocéphale par les féministes.
Ce sont ces luttes de sexes qui vont introduire dans le monde les aberrations de l'esprit faussé des théologiens masculins qui feront voir les choses les plus simples sous des apparences surnaturelles et merveilleuses qui ont passé dans les croyances modernes.
Pour Hermès, les anciens cultes sont appelés impurs parce qu'ils glorifient la Femme ; on cherche à les supprimer et on établit dans toute l'Egypte le culte mâle appelé pur : c'est l'origine du Phallicisme.

HERMÈS PLAGIAIRES
Les inscriptions des stèles nous apprennent que les Prêtres prenaient le titre de nuter hou (qui appartenait aux hiérodules) ; cela se trouve dans l'inscription de Sépa. C'était une substitution de sexes. Du reste, pendant qu'il se faisait Femme, Hermès mettait dans la Déesse l'esprit de mensonge, les discours rusés et trompeurs de l'homme pervers, ou l'humiliait (1). Puis il se faisait appeler « Trismégiste » (trois fois grand), parce que l'antique Toth, le verbe féminin, avait été appelé ainsi. Du reste, il s'identifie avec Toth (la femme initiatrice) et, pour prouver sa valeur intellectuelle, il se fait passer pour être l'auteur de plus de 30.000 ouvrages : tous les livres de femmes publiés jusque là.
Avec lui la science devient fermée, c'est-à-dire supprimée, car on la réserve aux prêtres, ce qui veut dire qu'on ne permet plus aux autres d'exprimer leurs idées, pas plus que de discuter celles du Prêtre, si absurdes soient-elles.
Hermès devient Dieu. Il confie la garde des Livres sacrés, qu'il arrange à sa convenance, à la caste sacerdotale qu'il organise. Chacun des membres de cette caste doit posséder à fond les livres sacrés en totalité ou en partie, selon l'ordre de ses fonctions et son rang dans la hiérarchie.
(1) Les anciens Égyptiens nommaient leur antique révélatrice Tothou Techouth, deux fois grande ; les masculinistes lui opposent Hermès Tris-mégiste, le trois fois grand.

LES MYSTÈRES DES HERMÈS
Pour eux, les mystères du monde ne devaient jamais être ouvertement dévoilés.
Un de ces Hermès fut l'instituteur des Schésou-Hor, auxquels les Alexandrins attribuent la doctrine secrète. Ce qui préoccupe les Hermès, ce sont les choses sexuelles, sujet de toutes les discussions. Aussi, à partir du moment où ils prennent la direction du sacerdoce, les cérémonies et les règlements des sacrifices eurent un sens symbolique que seuls les Pontifes connaissaient. Tous les efforts des Prêtres eurent pour but de cacher au fond des sanctuaires les principes de la science primitive. Ils établirent des mystères où la Vérité ensevelie était réservée aux seuls initiés, mais dont le secret ne paraissait plus aux yeux des profanes que couvert d'un voile épais d'allégories, et cela eut un succès immense ; ces mystères où l'on prétendait dévoiler le principe des choses étaient recherchés par les grands hommes qui hasardèrent souvent leur vie pour s'y faire initier.
« Les légendes de la statue de Ptah-Meer, grand Prêtre de Memphis (Louvre A.60) nous disent que ce personnage (un Hermès) avait pénétré les mystères de tout sanctuaire ; il n'était rien qui lui fût caché, il adorait Dieu et le glorifiait dans ses desseins, « il couvrait d'un voile le flanc de tout ce qu'il avait vu ». (C'était un mot d'ordre que tout membre du sacerdoce avait intérêt à respecter). » (Paul Pierrot, Mythologie Égyptienne, p.12).
C'est ainsi que le Prêtre embrouilla l'écheveau du fil d'Ariane qui conduit dans le dédale de la Science, il mêla les pièces du jeu de patience que la Déesse avait savamment disposées, et que les hommes n'ont jamais pu remettre en place depuis.

OSIRIS ET LES DIEUX MALES
Osiris est le Dieu de la mort, mais la mort qu'il symbolise est d'abord celle de l'âme, si bien expliquée dans la primitive religion égyptienne ; on en fait, plus tard, la mort du corps, et Osiris devient le Dieu des morts (1).
Tout mort est appelé un Osiris.
Ce Dieu est symbolisé par un taureau Apis (Hapi). C'est sous cette forme que sur de très anciens monuments on trouve Osiris représenté. Apis mort s'appelait Osor-Apis, nom dont les Grecs font Sérapis.
C'est du reste cet animal qui symbolise le rôle mâle dans la génération.
Strabon dit : « Apis est le même qu'Osiris ».
Le Sérapeum était le nom de la tombe d'Apis.
Le Sérapeum égyptien fut construit par Aménophis III, il avait contenu 64 taureaux.
Les monuments représentent Apis-Osiris sous la forme d'un taureau, la tête surmontée du disque et de l'uraeus (aspic qui se dresse sur le front des Dieux et des Rois et qui représente le mauvais esprit) ; il a des taches noires sur le flanc, un triangle au front, et parfois une tache en forme de croissant sur le poitrail ; sur la housse frangée qui orne son dos est un vautour aux ailes déployées.
(Le boeuf Apis. C'était le dieu principal de Memphis. D'après un stèle ou colonne du Sérapeum à Memphis, il est représenté portant entre les cornes l'image du soleil, avec le serpent Uraeus, signe de la divinité.)
Pourquoi ce culte ?
Quand arriva la réaction contre la religion Théogonique, on institua le culte d'Apis par fanfaronnade, pour narguer la Femme qui avait comparé l'homme fort au taureau ! Alors (2) un taureau vivant représentait le Dieu mâle. Lorsqu'il mourait, on l'enterrait magnifiquement et le pays était plongé dans le deuil jusqu'à l'apparition d'un autre taureau divin. Et des historiens modernes, pour expliquer ce culte, nous diront qu'Osiris apprit aux hommes à labourer et à soigner le bétail !
M. Mariette a découvert, auprès de l'emplacement de Memphis une nécropole où furent successivement enterrés des Apis, « depuis la 18ème dynastie jusqu'à la fin de la domination grecque », dit-il. Sur les monuments qu'il a découverts, Apis est appelé « Nouvelle vie de Ptah ».
Or Ptah, c'était la puissance cosmique, le rayonnement solaire personnifié par la Femme-Déesse, comparée au Soleil parce qu'elle possédait en Elle l'esprit qui éclaire ; on avait fait de cet Apis-Ptah le Dieu suprême de Memphis. Plus tard on lui donnera le corps d'un homme.
Mais d'abord ce principe solaire est donné au taureau. Voilà donc un culte né d'une ironie. Mais ce n'est pas tout.
C'est la Déesse, maintenant, qui va, à son tour, être représentée, sous la figure d'un taureau, par vengeance masculine. C'est encore un résultat du curieux phénomène psychique de la réflexion sexuelle, si fréquent à cette époque de l'histoire.
A Héliopolis, c'est , l'ancienne Déesse (Rhea), qui est représentée par le taureau Mnevis.
Abydos est la nécropole la plus célèbre de l'Egypte. C'est là qu'un égyptologue français, M. Amélineau, a fait exécuter des fouilles pour retrouver les tombeaux des premiers rois d'Egypte et celui même d'Osiris, nous disent des savants modernes.
C'est comme si on prétendait avoir trouvé les tombeaux de Jupiter ou d'Apollon.
(1) Les savants modernes ont accepté consciemment ou inconsciemment le symbolisme des Prêtres. C'est pour cela que leur « Histoire » a si peu de valeur. M. Pierret dit : « Osiris est le Dieu des morts ; c'est son domaine qui est affecté au châtiment des coupables et à la récompense des justes ; récompense ou châtiment résultant d'un jugement prononcé par lui et enregistré par Thot. Le rôle d'Osiris est parfaitement expliqué par son costume ; il porte l'enveloppe de la momie et il est coiffé de la mitre solaire ». (Mythologie Egyptienne, p. 40).
(2) Les Grecs et les Romains attestent que les Égyptiens étaient enclins à la satire et que leur esprit très mordant, très emporté, leur aurait fait sacrifier leur fortune au plaisir de lancer une épigramme. Certaines images inconvenantes du kiosque de Médinet-Habou, et les caricatures intraduisibles d'un papyrus de Turin continuent ces appréciations. Il existe un curieux passage de Flavius Vopiscus (Edit Peter, II, 208, cap. VII) où il compare ce peuple aux Gaulois.

LE BOEUF APIS DANS LES MYSTÈRES MASCULINS
« Cent temples, plus superbes les uns que les autres, consacrés à différentes divinités, contribuaient à l'embellissement de la ville, de Memphis. Mais le temple le plus riche était celui du bœuf Apis.
« Cet emblème pour lequel les Égyptiens avaient une si grande vénération, devait être noir et moucheté de blanc. Il était entretenu dans ce fameux temple, espèce de labyrinthe, si vanté par les auteurs, mais aujourd'hui complètement détruit, de telle sorte que toutes les descriptions qui en ont été données nous paraissent bien hasardées. Quoi qu'il en soit, on prétend qu'il se composait de douze cours, dans chacune desquelles était bâti un palais en marbre et de la plus grande magnificence. Des voûtes très longues conduisaient dans ces palais ; et dans ce dédale de chemins croisés et coupés en tous sens, des gardiens féroces pouvaient facilement immoler l'imprudent visiteur qui avait violé la sainteté de ces lieux, pour en découvrir les mystères.
« Comme tous les soins et toutes les jongleries des Prêtres n'auraient pu rendre le dieu Apis immortel, dès qu'il en mourait un, l'Egypte entière prenait le deuil, des prières publiques étaient adressées au ciel, des offrandes étaient portées au temple d'Apis, des sacrifices étaient offerts dans tous les temples, les œuvres pieuses remplaçaient le travail, en un mot, l'affliction était générale.
« Cependant, des émissaires envoyés par les Prêtres parcouraient l'Egypte pour trouver un boeuf qui eût les qualités requises, mais surtout il fallait qu'il fût jeune. On l'amenait secrètement au temple, ainsi que la vache qui l'avait porté.
« Alors les cérémonies changeaient d'objet : c'étaient des actions de grâces et toujours de nouvelles offrandes au ciel pour le remercier d'avoir exaucé les vœux des fidèles. La renommée proclamait ce miracle, et des peuples accourus de toutes les provinces de l'empire venaient pour être admis à voir le bœuf intronisé, solennité dont le jour avait été indiqué et proclamé dans toutes les villes de l'Egypte. De toutes parts on recevait des présents considérables, de telle sorte qu'on pourrait dire que, si la mort d'Apis était une calamité pour le peuple, elle était pour les prêtres une source de fortune.
« Alors, si le concours des pèlerins était nombreux, on faisait venir le bœuf dans une avant cour environnée de claires-voies, à travers lesquelles on pouvait le considérer. C'était dans cette cour qu'on avait pratiqué un autre appartement moins riche où on nourrissait de même la vache qui avait eu le bonheur de mettre au monde cet animal divinisé (Champollion : « Hathor était le nom de la vache sacrée. » ). En toute autre occasion, le dieu Apis était invisible, ou ne se montrait du moins que par une petite fenêtre grillée, pour satisfaire la pieuse curiosité des dévots attachés à cette divinité.
« Si la richesse des prêtres d'Apis était immense, leur pouvoir ne l'était pas moins, car, étant parvenus à persuader au peuple qu'ils reconnaissaient, dans l'altération de la couleur du bœuf, le successeur qu'il convenait de donner au roi qui mourait sans héritier, par ce moyen, ils disposaient à leur gré de la couronne ». (Perrot, Essai sur les momies, 1845).

RENVERSEMENT DE LA LOI DES SEXES
Dans la religion nouvelle, Osiris devient le Dieu du Bien sous le nom de Ounnofré.
Ce n'est plus la Femme que l'homme serpent a tué, c'est lui, Osiris ; il a dispersé les membres de son cadavre, parodie de la dispersion des femmes après leur défaite, et pour comble d'ironie, les membres épars du Dieu sont recueillis par Isis et Nephtys et embaumés par Anubis. A propos de cette fable, Fabre d'Olivet dit : « Ce fut dans ces mystères qu'ils consacrèrent les événements dont je viens d'esquisser le récit (il s'agit des luttes de sexes), et que, ne pouvant témoigner ouvertement leur douleur touchant la défaite du Principe masculin dans, la cause première de l'Univers, ils inventèrent cette allégorie si connue d'Osiris trahi, déchiré, dont les membres dispersés « ensanglantent l'Egypte, tandis qu'Isis, livrée au plus affreux désespoir, quoique couronnée, rassemble en pleurant les membres de son époux, excepté le membre viril perdu dans le Nil ». (L'Etat social de l'homme, t. I,pp. 278-279).
Cette façon de raconter l'histoire est très masculine, elle retourne tout, attribue à l'homme la défaite de la femme le rend intéressant et attribue à la Déesse, à cette occasion, une douleur qu'elle ne ressent pas ; c'est une sorte d'hypnotisme social qui pousse les Prêtres à décrire les sentiments qu'ils veulent faire régner. Enfin, comble d'ironie, comme après avoir vaincu la Femme il n'a gardé d'Elle que son sexe, il garde le sexe d'Osiris échappé à la dispersion, en tombant dans le Nil !... Tout cela est plein d'ironie.
Cette fable eut du succès, presque tous les pays la copièrent.

PATERNITÉ ! OSIRIS LE PÈRE
Voici maintenant un autre sujet de réaction.
L'enfant, jusque là, appartenait à sa Mère. La fille prédominait sur les fils. Tout cela va changer et le fils Horus va succéder à son père Osiris, pour lequel on le fait combattre contre la Déesse Séti.
Jadis, c'était pour défendre sa Mère contre les attaques de l'homme pervers que le fils combattait.
Dans la nouvelle religion, Osiris ayant pris la place d'Isis, tout se trouve renversé. Le Père ayant remplacé la Mère, on dira son Père Osirien, « Père en Osiris ».
M. Paul Pierret dit : « Horus prend possession de l'héritage d'Osiris, s'empare de la couronne des deux lions (couronne de la double force), il est sur le trône de son Père, il à la tête de l'épervier, il s'élance dans le ciel et fait la Vérité en dissipant les ténèbres, en repoussant les mauvais principes et en éloignant le retour des causes de désordre et du chaos.
« Horus repousse les compagnons de Set (les Féministes), qui, voyant le diadème placé sur son front, tombent sur leur face ». (Mythologie Egyptienne, p.42).
Les deux lions qui portent la couronne de la double force, ce sont les deux femmes, la jeune et la vieille, que nous voyons maintenant traînant le chariot d'Hermès (1). C'est de leur force, de leur puissance morale que l'enfant s'empare. Voilà une singulière morale !
Du reste, le monde tout entier est mis à l'envers. Le nouveau Dieu solaire, Osiris, est en même temps le Roi de la Divine région inférieure (sous-entendu du corps).
De là au culte phallique, il n'y a qu'un pas.
C'est lui qui juge, il est l'Hadès où les méchants sont châtiés et les justes récompensés. On le représente coiffé de l'Atef, son corps est enveloppé comme celui d'une momie, mais ses mains sont libres, elles tiennent le pedum (insigne de commandement) et le flagellum, fouet ou fléau qui le rend redoutable et dont, par ironie, on fait un instrument de protection.
Son hiéroglyphe est dérivé d'un verbe qui signifie protéger, l'homme protège en flagellant.
Le sceptre divin dont le flagellum prend la place était, sous les Déesses, l'insigne de la stabilité.
Osiris a chez les Egyptiens le même rôle que Jupiter chez les Grecs. Il est le Père universel, on lui donne mille noms. On le représente avec la mitre (il est prêtre), avec le bonnet pointu (il est médecin), avec le fouet (il châtie, il est la justice).
Quelquefois, au lieu d'un bonnet, il a sur la tête un globe ou une trompe d'éléphant ; souvent, au lieu d'une tête d'homme, il a une tête d'épervier ; on lui met dans la main le Tau des Déesses, car il est tout, il réunit les attributs de l'homme et ceux de la femme. Les Grecs, qui s'assimilent tout, mettront Osiris dans leur mythologie et en feront le fils de Jupiter et de Niobé.
(1) La Femme, à qui on prend sa place, est, en même temps ridiculisée. Dans la 7ème clef du Tarot, représentant le chariot d'Hermès, nous voyons un char dans lequel est un homme jeune ; il est traîné par deux sphinx, deux femmes, une jeune et une vieille, un sphinx noir et un sphinx blanc.
La signification de ce symbole ironique était : « La femme est devant l'homme comme le cheval est devant le cocher ».

LES FEMMES CONTRE HERMÈS
La Prêtresse attaquée répond au Prêtre en le comparant au cynocéphale (tête de singe).
Cette tête de singe devient souvent une tête de chien ou de chacal, on l'appelle Anubis. C'est le symbole hermétique.
C'est l'hiéroglyphe de la planète Mercure, diront plus tard les Grecs, et en effet : « Lorsque le cynocéphale est représenté avec le caducée, le croissant, ou le lotus, c'est le glyphe de Mercure (le voleur) ; lorsqu'on le voit avec un roseau ou un rouleau de parchemin, il représente Hermès, le secrétaire et le conseiller d'Isis » (Doc. sec, T.II, p. 107).
D'après Plutarque, Anubis avec sa tête de chacal servait de guide aux âmes des morts.
Les Hermès prenaient tous les noms de femmes et les masculinisaient : ainsi Imhotep devient le Dieu-mâle de la médecine ; il est le fils de Ptah le Soleil ; et on le compare à l'Asklepios des Grecs, nom dérivé de celui des femmes médeciennes, les Asclépiades. (C'est de ce nom qu'on a fait Esculape).
Ce Dieu mâle est représenté avec une calotte sur la tête et un livre sur les genoux. Plusieurs de ses statues sont à Berlin, au Louvre, à Boulaq.
Comme en Egypte la Déesse et la Prêtresse étaient représentées par un Soleil levant, les Hermès vont mettre les attributs du Soleil sur toutes les personnalités masculines.
Ramsès III dit à Ammon dans une inscription de Médinet-Abou : « Tu me places en roi avec toutes les régions sous mes pieds, tu me lègues le circuit du disque ». « Le roi-soleil de Versailles n'est qu'un timide imitateur des Pharaons », dit M. Paul Pierret, et il ajoute :
« Le soleil était la manifestation la plus éclatante de la Divinité, et ceci explique que l'animal dans lequel la Divinité s'incarne aura des attributs solaires : en effet, Apis est coiffé du disque, sur son dos est posée une housse entre le scarabée ailé, symbolisant le devenir perpétuel de l'astre voyageur, et le vautour aux ailes déployées, symbolisant la protection des déesses solaires ». (P. Pierret, Mythologie Egyptienne, p. 17).
Apis est appelé fils de Ptah et Ptah était une forme de l'élément de vie, mais il est appelé aussi fils de Toum, et Toum personnifie le ciel nocturne.
Désormais tout est renversé.
Dans toutes les anciennes Théogonies, la lune était liée avec le Dragon. Osiris est représenté dans la première phase religieuse sous la forme d'un Dieu-lunus, Aah, reflet du soleil (imitation de l'esprit féminin). Quelquefois c'est un enfant coiffé du disque et du croissant, Khons-lunus.
La Déesse, la Vierge ou la Madone se tenait sur le Satan mystique symbolisé par le croissant qu'elle foule à ses pieds. Ce qui nous explique pourquoi on dit qu'Hermès se cache dans la lune : « il est la sagesse obscure ».
Quand on renverse le symbolisme, Hermès ayant pris le nom de Toth, c'est cette antique Déesse qui va être appelée Toth-lunus. Elle est ornée du disque et parfois de la plume d'autruche ; c'est à elle que les cynocéphales seraient consacrés.
Dans le papyrus Cadet, on la voit assise au milieu d'une barque sous les traits d'un homme barbu, elle est adorée par quatre cynocéphales. On a trouvé à Thèbes et à Hermapolis des momies de ces singes. Des peintures malicieuses les représentent comme absorbés par la lecture. Le portrait en relief d'un de ces singes se voit encore sur la muraille gauche de la Bibliothèque du Temple d'Isis à Philae.
Comme les femmes ont comparé l'homme vil, qui les attaque lâchement, au serpent, Hermès appelle le serpent le plus spirituel de tous les êtres ; il symbolisait pour lui la Sagesse et la Perfection Divine et représentait la Régénération et l'immortalité de l'âme.

ANDROCRATIE
L'histoire masculine de l'Egypte commence aux Psammétiques (650 à 665).
Psamtoh était, selon Hérodote, un des 12 seigneurs qui, dans un moment d'anarchie, avaient pris le gouvernement de l'Egypte.
Ceux qui liront ceci vont s'écrier : Comment ? Vous faites commencer le règne de l'homme vers 650, alors que vous nous avez parlé de grands rois, tels que Ramsès II, qui vivait mille ans avant !
A cela je réponds que ces hommes étaient de grands révolutionnaires, des chefs de bandes, des Hak, mais non des rois suivant la conception moderne, car le gouvernement gynécocratique n'était pas encore vaincu.
Ramsès a pu dompter les Hébreux, d'autres ont pu refouler les Ethiopiens dans les déserts du sud et construire des monuments à la gloire de l'homme, mais ils n'ont pas détrôné Isis. Les vrais souverains sont inconnus. On n'a pas retrouvé les palais des Pharaons, et Manéthon ne les cite pas dans ses listes royales, il les remplace par des rois imaginaires avec lesquels on les a confondus.
Tout cela prouve que ces Pharaons étaient des personnages qu'on voulait cacher, donc des femmes. 
C'était la fonction sacerdotale des grandes Prêtresses qui donnaient la direction morale et rendaient la Justice comme les Soffetim en Israël.
Si nous consultons les historiens modernes sur l'origine de la divinité et de la royauté en Egypte, voici ce que nous trouvons dans les livres classiques donnés à la jeunesse, livres dans lesquels on mêle le surnaturel au réel :
« Au commencement il n'existait rien autre que le Nou, c'est-à-dire l'Océan sans limites, le chaos, dans les profondeurs duquel les choses flottaient confondues. Le dieu Phtah, ou Râ, en tira la terre avec ses plantes, ses animaux, ses hommes. Puis il se fit roi de la terre et la gouverna longtemps. Mais les hommes conspirèrent contre son autorité divine, Râ en colère créa le Ciel et s'y retira ».
Voilà qui prouve que Râ est une divinité féminine, en colère contre les hommes qui lui prennent son pouvoir divin et sa royauté.
Les historiens classiques ajoutent : « Le monde alors fut gouverné par d'autres dieux, Osiris et sa femme Isis ».
Voilà le dieu mâle mis le premier, tandis que la Déesse, appelée « sa femme », occupe une place secondaire. Or cette façon d'écrire l'histoire est faite pour dénaturer le rôle de la Déesse qui, malgré les luttes des deux partis, persista jusqu'au Catholicisme.
Quant à l'origine de la royauté, elle n'est pas moins faussée par ces historiens qui nous disent :
« A la fin, les dieux fatigués de gouverner la terre remontèrent au ciel. Menés, qui était un homme, prit alors la couronne à leur place et devint le premier roi d'Egypte ».
Hérodote fait remonter la fondation du royaume d'Egypte à 12 mille ans avant notre ère, confondant dans le mot royaume les deux régimes gynécocratique et androcratique.
Il existe un livre apocryphe, qui est intitulé La Sothis et dans lequel un certain Panodore, qui vivait vers 400 ans avant notre ère, présente les dynasties comme des générations maternelles.
Cet ouvrage, qu'on a eu intérêt à cacher, a été faussement attribué à Manéthon, archiprêtre et archiviste des temples de Baal en Egypte. C'est lui qui masculinisa l'histoire, et fit des dynasties masculines de rois, se succédant de père en fils. C'est sans doute lui qui, pour cacher la grande Reine Séti (1), en fit un roi, c'est-à-dire un Pharaon qu'il appela Ousertasen III (Lisez Sésostris).
A propos des fouilles d'Aboukir, nous lisons ceci : « Daninos-Pacha vient de faire connaître le résultat des fouilles entreprises sous sa direction dans l'antique Zephirion. Il y a découvert, sur l'emplacement d'un temple élevé en l'honneur de Vénus Arsinoé, trois statues colossales en granit rose, de Ramsès II et de sa fille, la reine Hentmara. Ces statues appartiennent toutefois au style de la douzième dynastie, et Ramsès II paraît, comme on en a déjà plusieurs fois trouvé la marque, avoir fait effacer le nom du roi Ousertasen 1er pour y substituer le sien. Ces statues auraient été transportées, à l'époque ptolémaïque, de Sân, l'ancienne Tanis, à Aboukir » (20 mars 1892).
Dans un autre journal, je trouve cet entrefilet : « Après avoir vu fermer le dernier silo abritant la récolte annuelle de l'Egypte, le roi Pharaon Ousertasen III établit un beau jour, treize siècles avant notre ère, l'impôt sur le revenu ».
Donc, on cache sous le nom d'Ousertasen la grande Reine qui a rénové l'Egypte. Que d'artifices pour cacher les Déesses Égyptiennes, pour cacher les grandes Reines et en faire des hommes, même des guerriers fameux, pour mettre leur renommée à la gloire du sexe masculin ! 
Ainsi, nous lisons dans les livres classiques une histoire des exploits de Sésostris, des phrases qui sont écrites pour éloigner de ce personnage toute idée féminine, ceci par exemple : « Sésostris, à la tête de son armée de terre, entrait en Asie et soumettait la Syrie, la Mésopotamie, l'Assyrie, la Médie, la Perse, la Bactriane et l'Inde ».
Telle est la légende masculiniste inventée pour cacher une grande Reine dont le principal exploit est d'avoir fondé les Mystères Egyptiens, qui en effet se répandirent sur toute la Terre mais ne furent pas des actions guerrières. Ce fut une victoire pacifique.
(1) Elle est représentée par la Reine du jeu d'échecs, inventé à cette époque. L'homme, c'est le Roi du même jeu, son pouvoir est limité.

LES LISTES ROYALES DE MANÉTHON
C'est en s'inspirant de ces contes que Manéthon a écrit son histoire. Il vivait à l'époque de la décadence religieuse qui précéda de deux ou trois siècles l'ère actuelle et pendant laquelle les prêtres de toutes les religions transformèrent l'histoire.
Les listes royales n'ont pas été conservées, mais ce qu'on a pu en retrouver a été abrégé par Eusèbe et Africain qui y ont mis les idées de leur temps. Les citations en grec et en latin, qui fourmillent dans l'histoire de l'Egypte, indiquent bien que c'est dans les écrits des Grecs et des Latins que les modernes étudient l'antiquité.
Comme les inscriptions étaient en opposition avec les textes de Manéthon, on a voulu les mettre d'accord ; pour cela, on a supprimé les noms de femmes quand on a pu le faire. Révillout, qui le constate, dit :
« Dans les inscriptions religieuses, on a partout martelé les noms.
« Ainsi on a partout martelé les cartouches de la Reine Hashepsu (Hathason) dont le règne fut un des plus glorieux de l'Egypte. Et quand on est obligé de la mentionner, on la représente avec une fausse barbe pour en faire un homme » (p. 12). On ne s'occupait que de prouver l'antiquité du règne de l'homme.
« Hérodote raconte qu'Hécatée de Milet, qui visitait l'Egypte, ayant été introduite dans les temples, se vantait devant un grand-Prêtre d'une généalogie qu'elle rattachait à une Divinité et qui comptait 16 générations. Elle descendait, disait-elle, de 16 reines dont la première était Une Déesse.
« Le prêtre lui montra 341 statues de grands-Prêtres, en les lui comptant une après l'autre, depuis celle du dernier mort, ce qui, en calculant à 3 générations par chaque siècle, formait une série de pontifes qui avait à cette époque onze mille trois cent soixante-six années. »
Le même auteur cite d'autres faits pour prouver la haute antiquité du gouvernement masculin ; un calcul sur les périodes sothiaques a pour objet de prouver que la durée du règne des dieux et des rois mâles aurait été de 36.525 ans.
Il s'agissait de justifier les dynasties inventées par Manéthon, qui imagina 31 dynasties qui auraient régné sans interruption en Egypte depuis l'an 5.867 jusqu'à l'an 321 avant notre ère, époque où ce pays fut conquis par Alexandre, ce qui fait un espace de 5.536 années, pendant lesquelles régnèrent 353 rois, dont cette liste donne les noms et les origines, et où ne se trouvent compris ni les noms ni le nombre des rois de la XVème dynastie qui était Thébaine, et dont la durée fut de 250 ans.
Champollion corrobore les listes de Manéthon parce qu'il a lu sur des stèles, en Egypte et dans divers musées, des noms qui sont en rapport avec ceux des listes de Manéthon.
Mais Champollion n'a pas tenu compte des altérations de l'histoire faites dans les temps anciens pour effacer les noms des Reines et leur substituer des noms de rois.
Les ruses employées pour soutenir le grand mensonge historique sont curieuses. En voici un exemple.
Pour répondre aux reproches des femmes dépossédées, on leur dit qu' « on a reconnu dans les ruines des plus anciens monuments de Thèbes, où ils sont employés comme matériaux de construction, des débris d'édifices portant sculpté le nom d'un des rois de la XIème dynastie ; dès cette même époque, en effet, les monuments où sont inscrits les noms de ces vieux rois surgissent des entrailles de la terre et viennent, de leur antique autorité, corroborer et mettre hors des atteintes du doute les monuments des temps postérieurs où ces mêmes rois sont inscrits par les mêmes noms, et pour les mêmes époques ».
Les dieux vont désormais remplacer les Déesses : « Osiris, régnant en Egypte, retira la nation de la vie misérable, indigente et sauvage qu'elle menait alors : il enseigna à semer et à planter ; il établit des lois ; il apprit à honorer les dieux ; il inventa les arts et apprivoisa les hommes ».
Comme roi, ce nom d'Osiris ne figure sur aucun des monuments antiques que nos savants ont étudiés jusqu'à ce jour.
On donna le nom d'Osiris à l'esprit céleste, représenté par un épervier.
C'est pour prouver le sexe des reines et garder le souvenir de leur règne qu'on eut l'idée de conserver leur cadavre que l'on voulait supprimer pour effacer la trace de leur existence. De là l'usage de les embaumer. Cette coutume qui allait déjouer les intrigues des historiens révolta d'abord les hommes, ce qui fait dire à Chateaubriand que « les embaumeurs sortaient furtivement de la maison, car ordinairement ils étaient poursuivis à coups de pierres ». C'est pour cela que rares sont les momies d'hommes.
La tombe même n'était pas un asile assuré pour les reines, plusieurs ont été exhumées ignominieusement et ont eu leurs inscriptions martelées avec soin pour les faire disparaître, par suite de la découverte de quelque crime connu longtemps après leur mort, dit Champollion.
Leur crime, c'était d'être une preuve indiscutable du mensonge de ceux qui avaient voulu les supprimer. On sait que les sépultures des reines ont été souvent saccagées et profanées. On y a trouvé un grand nombre de caisses vides, on y a introduit des statues d'hommes, des momies d'hommes, on y a peint des inscriptions masculines.
Ceci nous explique pourquoi on cacha avec tant de soin le lieu de sépulture des reines.

L'EGYPTE SOUS LES PTOLÉMÉES
Le IIIème siècle est l'époque des Ptolémées.
Ces rois ne sont pas, comme les Hak qui ont régné avant eux, de simples conquérants, exerçant une autorité Brutale ; ils ont suivi le mouvement intellectuel qui s'est fait dans le monde et ils ont des prétentions littéraires.
Le premier, Ptolémée Soter, qui veut dire sauveur, se pose en messie. C'était déjà une idée régnante que quelqu'un viendrait régénérer le monde, pourquoi pas lui ?
Il règne de 305 à 286, est d'abord gouverneur, puis roi et maître de la Palestine depuis 301, et du Sud de l'Asie Mineure. Il réunit à sa cour des littérateurs, des poètes, des artistes, des savants, il est écrivain lui-même et fonde le Musée et la Bibliothèque d'Alexandrie, sa capitale, qui devint la métropole intellectuelle de l'ancien monde. C'est sous son règne qu'on vit les Israélites affluer à Alexandrie.
Le second Ptolémée est surnommé Philadelphe (qui aime son frère). Pourquoi ce surnom ? N'y voit-on pas une préoccupation d'établir « le lien moral », base de l'antique religion, avec l'homme, pour faire ainsi réaction contre l'antique alliance de l'homme avec la femme ? Cela semble si bien ainsi que c'est à partir de ce moment que la religion perd sa signification antique.
Ce Ptolémée aurait donc été misogyne. C'était dans l'esprit du temps, cela ne serait pas étonnant. C'est lui que l'on fait intervenir dans la traduction du Pentateuque en grec, la « version des Septante ». Mais cette imputation, due à une lettre apocryphe d'un certain Aristée, ne semble avoir aucune valeur, et l'on croit que cette déplorable traduction a été faite à Alexandrie par des auteurs inconnus qui achevèrent les parties essentielles de leur traduction pendant le second siècle avant notre ère. C'est sous Ptolémée II, vers 270, que Manéthon rédigea ses « Mémoires égyptiens ».
Ptolémée III, en 246, est surnommé Evergète, « bienfaiteur ». Il soumit la Mésopotamie, la Babylonie, et poussa ses conquêtes jusqu'en Bactriane. La neuvième année de son règne parut le décret de Canope, promulgué le 7 mars 238 (ce décret fut retrouvé en 1866 et publié par Lépsius).
Celui qui lui succède en 222 joue un rôle important dans l'histoire des luttes de sexes : c'est Ptolémée IV dit Philopator (qui aime son père), ainsi surnommé parce que c'est lui qui établit le droit paternel et donna un coup mortel au régime maternel par un simple décret royal, le « prostagma de Philopator ».
En 205, le cinquième Ptolémée monte sur le trône. Il est surnommé Épiphane (illustre). Ces rois sont modestes !.... Il épousa Cléopâtre, fille d'Antiochus III. C'est sous son règne que la Palestine fut perdue pour l'Egypte.
Tous ces Ptolémées prirent part à la lutte religieuse, tous s'adonnèrent au culte de Dionysos qui était une enseigne masculiniste, abandonnant ceux qui défendaient le principe féminin, le culte d'Isis ; cependant, ils faisaient une opposition opiniâtre à la théorie patriarcale de la Grèce.

PASSAGE DE LA FAMILLE UTÉRINE A LA FAMILLE AGNATIQUE
Ici, nous saisissons sur le fait le passage de la famille utérine (maternelle) à la famille agnatique (paternelle). Dans les autres pays, la transition fut insensible et difficile à préciser. Chez certains peuples, elle n'eut jamais lieu, et le régime matriarcal a toujours continué à exister.
Le mariage, considéré comme institution sociale, est une question remise en discussion partout, on en étudie les origines, et cette étude amène forcément à chercher quelle fut l'organisation primitive de la famille.
Mais combien est enraciné le préjugé des esprits peu éclairés qui se figurent que ce qui existe, a toujours existé ! Comme il est difficile à vaincre ! Combien l'idée d'évolution, c'est-à-dire de changements, pénètre difficilement chez certains hommes !
Les femmes comprennent mieux la question parce qu'elles sont plus près de la Nature et plus intéressées à ce que la Vérité soit dite. Une d'elles, Mme Olga de Bezobrazow, a écrit à propos du matriarcat les lignes suivantes :
« D'ailleurs, le matriarcat si répendu dans la haute antiquité existe de nos jours. Il en resté quelques traces parmi certaines peuplades d'Afrique qui, selon le célèbre voyageur Livingstone, sont gouvernées par les femmes.
« A Balouda, au nord du Zambèze, d'après les constatations du même Livingstone, les femmes tiennent en main les rênes du gouvernement ; l'homme est réputé un être inférieur ; privé de droits, il végète dans l'oppression et s'y soumet comme à un ordre de choses naturel.
« Les témoignages de Hodgson sur les Kokches, du lieutenant Stil sur les Hasias, prouvent que, présentement encore, le matriarcat a ses peuples, ses lois, qu'il est le résultat de la tradition attestant le pouvoir dont était revêtue la femme dans les temps éloignés.
« N'est-ce pas l'antique matriarcat qui se révèle encore dans l'usage voulant, à l'île de Sumatra, que le père, quand il lui naît un fils, prenne le nom de ce fils ?
« D'ailleurs, la forme du matriarcat se trouve à des degrés divers dans un grand nombre de peuplades.
« Ainsi, chez les Iroquois, c'est dans la descendance féminine que réside l'hérédité. Chez les Vèdes de l'île de Zelou, la femme est vénérée, la polygamie méprisée. On découvre les traces du matriarcat, d'après P. Mihaïloff, chez les Touareg ; là, les femmes seules savent lire et ce sont elles qui conservent les livres sacrés. Ce régime existe encore à Madagascar, chez les tribus Néariennes des Indes, chez celles de l'Hindoustan, dans les îles de Fidji et Tonga, en Australie, dans les îles de Marianne et de Caroline, dans l'Amérique du Sud, au milieu des tribus les plus avancées précisément, chez la confédération des Astèques, en Guyane, en Floride, chez les Gourones, les Dakotas, les Mouskoks, les Delawares. Au sujet de ces derniers, le missionnaire Loskil raconte que, dans leur terrible lutte contre les blancs, les tribus indiennes, voulant se solidariser, choisirent les Delawares comme organisateurs de leur unification. Comment symbolisèrent-ils cet acte ? Ils déclarèrent donner à cette tribu, la plus intelligente des leurs, « la tige de maïs et la truelle en main », et l'appelèrent la Femme.
« La forme de l'antique matriarcat était logiquement basée sur cette considération, que la femme est l'élément économique tant psychique que moral du monde.
« Chez les Hindous, on trouve actuellement des groupes familiaux, la « joint family », qui rappellent l'organisation matriarcale des premiers temps. »

DROIT PATERNEL
Et Mme de Bezobrazow, que je continue à citer, dit encore :
« Et la femme qui avait pris l'initiative du progrès, qui participa à la peine du développement de l'humanité dans son enfance, qui y apporta son génie, son courage, son dévouement, écartée, asservie par l'égoïsme de l'homme, en dépit des témoignages de l'humanité et de l'histoire, ne projeta plus les rayons de son intelligence qu'à de rares intervalles.
« La clef de voûte du gouvernement masculin fut le patriarcat. Aucune calamité plus grande ne pouvait survenir pour la femme.
« Nul affront, nulle honte, nul préjudice ne lui furent marchandés dans cet état de choses basé impunément sur l'arbitraire de l'homme et n'ayant pour but que sa satisfaction. La femme fut privée par l'homme de ses qualités d'être humain, alors que l'homme fondait sa supériorité sur la prépondérance qu'il se donnait.
« Le principe de servitude, admis dans la famille, se transmettant de génération en génération, par voie d'hérédité, date de l'origine du patriarcat, qui représente à tous les degrés le « privilège ». La vie patriarcale, la famille du moyen âge, qu'est-ce donc ? La tyrannie du mari, le despotisme du père, la haine entre les enfants, le bonheur en souffrance pour toute la société se reflétant sur chaque génération par une récolte d'immoralité, d'injustice, de guerre. La famille devrait être le prototype de l'ordre, de l'harmonie sociale. Mais, nous le répétons, pour que cela soit, il faut que la constitution de la famille soit normale, qu'elle soit basée sur la réalité même de la loi morale.
« Le degré d'élévation ou d'abaissement des races en dépendra. Que les relations sociales ou familiales s'établissent, mais sur leur raison d'êtres pensants, qui est divine. Alors, mais seulement alors, l'amour vrai sera ressenti et compris, la famille deviendra la glorification de l'amour, sa personnification sous toutes ses manifestations.
« Le droit a donné à l'homme la liberté de mal faire et lui a conféré la direction du foyer, la gestion des intérêts généraux, c'est-à-dire a basé la famille sur le vice radical du mensonge. De là, la hiérarchie arbitraire dans l'éducation des fils et des filles.
« Avant d'arriver à l'âge de la connaissance, les enfants sont témoins d'une organisation établie sur l'injustice. L'arbitraire existe pour eux et ne choque pas leur conscience.
« Les lois ont synthétisé la subordination de la femme dans l'humanité, et ont décrété, pour ainsi dire, la supériorité du principe mâle. Qu'est-ce que la supériorité du principe mâle ? Le rôle de générateur attribué à l'homme. Seulement, ni l'anatomie, ni la physiologie ne lui octroient ce principe qui lui est si cher. L'étude du mécanisme cérébral chez la femme n'a, malgré cent modes d'investigation, jamais justifié l'assertion d'infériorité ».
Pour montrer combien ce régime nouveau était impopulaire, il suffit de rappeler que du mot ab, père en hébreu, on fit abomination.
Il fallut longtemps pour substituer le régime patrimonial au régime matrimonial. On fit remonter cette substitution à un personnage légendaire appelé Cécrops, pour faire croire que cette idée existait depuis longtemps ; c'est ce personnage irréel et vivant à une date imprécisée qui aurait préconisé l'union conjugale exclusive, cela aurait passé par le mythe de Thésée, puis par l'idée du père putatif (supposé), pour arriver enfin à la formule nouvelle résumée dans ces mots : « connaître son Père ». Jusque là, l'enfant n'a pas connu son père, il n'a porté que le nom de sa Mère.
Le nouveau régime va s'appeler Agnatio, mot qui indiquera les rapports de parenté par les mâles, et c'est sur cette idée nouvelle que va reposer la loi romaine appelée « Patria potestas ».

L'histoire du second siècle avant notre ère nous montre en Egypte une réaction on faveur de la Femme et de la religion Théogonique.
Après Ptolémée Philopator survint Ptolémée Philométor (qui aime sa Mère). Ces surnoms seuls nous font comprendre l'âpreté de la lutte.
Ce roi fit dotation à Ornas, fils du Grand-Prêtre Josué, d'un terrain près de Léontopolis pour y bâtir un temple à Hevâh. Le sanctuaire de Léontopolis devint si florissant que, suivant le Talmud, celui qui ne l'avait pas vu ne connaissait point la gloire d'Israël.
Il fut fermé après la destruction de Jérusalem, vers l'an 74 de notre ère.
Ptolémée Philométor, qui commença à régner en 180 avant notre ère, est le septième, du nom. On dit qu'il épousa sa sœur Cléopâtre II, sans doute parce qu'il fit retour aux usages du régime gynécocratique dans lesquels l'homme qui s'unissait à une femme était appelé « son frère ». Ptolémée fut fait prisonnier par Antiochus IV (en 170). Pendant sa captivité (de 170 à 169), son plus jeune frère régna à sa place. Ce frère était appelé Physcon, « ventru ».
Antiochus devint dans l'imagination populaire le type de l'Anté-Christ. Il ne survécut que trois ans aux débuts de l'insurrection des Macchabées qu'il essaya de faire réprimer par Lysias.
De 164 à 162, Antiochus V, dit Eupator (né d'un père illustre), surnom qui indique qu'il se range parmi les défenseurs du droit paternel (Ptolémée VI fut aussi surnommé Eupator), fit avec Lysias une expédition heureuse pour lui contre les Juifs.
De 162 à 150, Démétrius 1er Soter, fils de Séleucus, détrôna Eupator. Ces rois ne duraient pas longtemps, et il fut lui-même tué en 150 par l'usurpateur Alexandre Balas, qui épousa en 149 Cléopâtre, fille de Ptolémée VII. Celui-ci fut détrôné en 146 par Démétrius II Nicator, qui à son tour épousa Cléopâtre, puis fut chassé en 144 par Antiochus VI, lequel fut détrôné en 142 par l'usurpateur Tryphon, « voluptueux ».
En 137, Antiochus VII Sidétès (chasseur) fit une dernière guerre aux Israélites et conclut la paix avec Hircan (en 133). Démétrius II fut remis sur le trône et régna encore jusqu'en 125. Puis l'empire des Séleucides tomba en décadence.
Si nous avons fatigué le lecteur par cette énumération de noms et de dates, c'est pour faire comprendre que les défenseurs du droit paternel sont tous des gens violents qui se détrônent les uns les autres quand ils ne s'assassinent pas, et le nom usurpateur qu'on leur donne, signifie qui usurpe le pouvoir paternel (usur - usage, pator - père).
Ces hommes étaient considérés comme des spoliateurs du pouvoir féminin ; l'histoire les a glorifiés parce qu'ils furent des vainqueurs heureux.

DESTRUCTION DES DOCUMENTS SOUS CÉSAR
C'est dans la ville d'Alexandrie que le premier des Ptolémée avait établi la fameuse Bibliothèque. Elle arriva à contenir 200 000 livres ou rouleaux. Et ce nombre fut augmenté encore, grâce surtout au 7ème Ptolémée qui faisait saisir tous les livres apportés en Egypte.
On dut créer une seconde Bibliothèque, tant le nombre de livres augmenta. Elle fut établie dans le temple de Sérapis.
Lors de la prise d'Alexandrie par César, la première Bibliothèque fut incendiée. Mais la seconde Bibliothèque, celle de Sérapis, échappa à la destruction ; elle fut même augmentée de 200 000 ouvrages provenant de la Bibliothèque des rois de Pergame, donnée par Antoine à la reine Cléopâtre.
Sous Théodose, cette importante collection fut détruite (en 389) par les sicaires de l'imbécile patriarche Théophile. Elle contenait toute la littérature de la Grèce, de l'Inde, de l'Egypte, de Rome (1).
On ne se contenta pas de brûler les bibliothèques pour faire disparaître les traces du vieux monde, on viola les tombeaux pour en extraire les papyrus qu'ils contenaient, et on fit disparaître aussi les corps, restes gênants pour ceux qui avaient changé le sexe des personnages historiques.
Les dernières découvertes faites nous apportent des témoignages précieux de la royauté des femmes. M. de Morgan a découvert à Dachour les tombes des princesses Khoumit et Ita, de la XIIe dynastie.
Ces découvertes nous donnent des renseignements de la plus haute importance sur l'état social de l'Egypte ancienne.
Il ne faut plus qu'un peu de bonne foi et beaucoup de bonne volonté pour reconstituer l'histoire, que les historiens avaient falsifiée !
Quels que soient les efforts faits par eux pour détruire les témoignages du passé, il nous en reste, cependant, assez pour le reconstituer dans ses grandes lignes. C'est qu'il est une chose qu'ils n'ont pas pu détruire, ce sont les lois de la psychologie qui nous révèlent la marche de l'évolution humaine. Et les actes de violence accomplis pour étouffer le passé sont des faits qui, à eux seuls, nous donnent plus d'indications sur ce qu'a été l'homme que bien des livres détruits.
(1) La destruction a continué pendant tout le moyen âge. Au temps de Louis XIV, le moine franciscain Vansleeb, avec le secours de quelques moines coptes, brûla un colombier plein de papyrus.

ORIGINE DE LA CIVILISATION
LA SCIENCE INTUITIVE
En étudiant les Livres sacrés, écrits dans le passé lointain, nous avons vu que les primitives institutions sociales n'avaient pas été, comme on l'a tant dit, édifiées sur un assemblage de fictions créées par le génie poétique des peuples, mais qu'au milieu des croyances que les mythologies nous ont conservées, on pouvait découvrir l'origine de toutes les lois de la Nature, que la science moderne cherche vainement.
L'intuition de la Déesse Toth, primeur de la pensée humaine, conçut magnifiquement l'édifice de l'univers et la loi du divin dans la vie, et c'est sur ces connaissances qu'elle posa avec tant de sûreté et de grandeur les bases de toute sagesse. Quand cette belle fleur de féminité se fut fanée, un monument immortel en perpétua le souvenir : le Sphinx.
« Le Sphinx, effigie humaine démesurément agrandie, lève la tête, regarde avec des yeux fixes et sourit ; le sourire de ces lèvres fermées semble garder le mot de l'énigme suprême. C'est la grande figure intimidante.
« Les grands symboles qu'on a cessé de vénérer depuis des millénaires, attirent par leur énormité et leur mystère.
« A l'époque des Romains, ils étaient déjà des symboles au sens perdu, legs d'une antiquité fabuleuse.
« Ce que les hommes du passé ont dû emmagasiner et éterniser de secrètes pensées derrière ce masque mutilé ! » (Loti).
Pour les hommes de son temps, que représentait-il ? « De toutes les images hiéroglyphiques il reste la moins bien déchiffrée ». Les insondables penseurs de l'Egypte symbolisaient tout en d'effroyables figures de dieux à l'usage du peuple non initié. On dit qu'il fut jadis d'une surprenante beauté, le Sphinx, alors que des enduits, des peintures harmonisaient et avivaient son visage et qu'il trônait de tout son haut sur une sorte d'esplanade dallée de longues pierres.
Aujourd'hui, il est presque enseveli dans les sables du désert. Les touristes intimidés baissent la voix comme on fait d'instinct dans les temples !
Toute la grandeur passée est enfouie sous la terre, le Sphinx seul émerge encore.
Le sol s'est élevé de six mètres sur la ville de Thèbes depuis qu'elle est une ville morte. On a entrepris de rétablir l'antique niveau.
Sous les plus vieux temples connus on constate qu'il y en avait d'autres, plus vieux encore et plus massifs, que l'on ne soupçonnait pas et dont l'âge dépasserait huit mille ans.
Celui qui connaît le phénomène extraordinaire de l'intuition, cette faculté Divine, qui dans sa plénitude ne s'est manifestée sur la terre que dix fois, celui-là comprendra que la première femme qui en fut favorisée ait établi sur ce grand fait un culte et un symbole.
Le symbole, c'est le Sphinx, et l'hymne qu'on lui a consacré rappelle les conditions de l'intuition, l'action du soleil levant quand la tête est tournée vers l'Orient et qu'on occupe une hauteur.
Du temps de l'ancien empire, le Sphinx, dont la face est tournée vers l'Orient, était couronné d'un disque d'or. Quand le soleil du matin jaillissait de la chaîne arabique, son premier rayon allait frapper le disque et le visage du Sphinx, qui resplendissait alors comme un soleil à face humaine, ou comme un dieu auréolé de flammes. Des coups de cymbale et des fanfares retentissaient dans le temple de granit et d'albâtre, aux piliers carrés et nus, et les prêtres vêtus de blanc, montant vers le Sphinx par le dromos en pente douce, entonnaient l'hymne sacré :
« Tu t'élèves bienfaisant, Ammon-Râ Harmakouti.
« Tu t'éveilles véridique, Seigneur des deux horizons, tu resplendis et tu flamboies, tu sors, tu montes, tu culmines en bienfaiteur. Les Déesses et les hommes s'agenouillent devant cette forme qui est la tienne, ô Seigneur des formes ! Viens vers le pharaon, donne-lui ses mérites dans le ciel, sa puissance sur la terre, épervier saint à l'aile fulgurante, phénix aux multiples couleurs, coureur qu'on ne peut atteindre au matin de ses naissances. »
(Cet hymne fut découvert par Grébant et traduit par Maspéro.)
C'est en souvenir de cet événement qu'on a construit des pyramides, afin que, à leur sommet, l'on pût se mettre dans les conditions qui produisent le phénomène cérébral de l'intuition, si désiré, quand une fois on l'a connu !...
C'est à cause de cette lointaine tradition que, en Egypte, le lion personnifie la force du soleil. Il ne faut pas confondre la signification du mot force, employé dans ce cas, avec la force que donne l'intensité musculaire, c'est tout l'opposé.
Le soleil est la source du Principe de vie qui nous anime.
On reconnaît donc au lion un degré d'héliotropisme plus grand que celui qui existe dans les autres animaux, et partant de là on lui attribue toutes sortes de qualités : la magnanimité, la grandeur d'âme, la générosité, la noblesse, etc.
Les radiations solaires sont comparées à des déesses léontocéphales, c'est-à-dire à tête de lion, elles personnifient la force des feux du soleil. De là vient tout le symbolisme du lion et du Sphinx.
« Le lion est un symbole de lumière », dit M. Mariette. L'horizon céleste d'où émerge le soleil est supporté par deux lions.
Des explications naïves seront données par les non-initiés qui ignorent les antiques réalités. Pour eux le lion est le symbole de la force, de la vigilance, de la noblesse, parce que cet animal est réputé dormir les yeux ouverts. C'est pourquoi on le place devant les grandes portes des temples, et c'est ainsi qu'on explique que dans des avenues précédant les temples se trouvent des rangées de sphinx.

DÉCADENCE DES MYSTÈRES D'ISIS
Mais les femmes se défendent comme elles peuvent, en cachant leur culte dans le plus grand secret. Cependant, la vieille tradition surnageait, mais on en perdait la signification.
Loti, visitant ce qui reste du Temple de Louxor, nous dit : « Des statues colossales à la porte principale tiennent en main cette sorte de croix bouclée (le swastika) qui était en Egypte l'emblème de l'immortalité. » (Il s'agit de l'immortalité des Déesses due à leurs conditions physiologiques. Les modernes en feront la vie éternelle).
Les hommes ont pris pour eux le symbole du sexe féminin. Il en est bien d'autres aussi, détournés de leur signification première, devenue incompréhensible puisque la science qu'ils exprimaient a disparu, mais le prestige reste et aussi le mystère !
C'est ainsi que les Prêtres d'Isis, les Isiaques, ne mangeaient pas de porc, par chasteté, parce que le porc, c'était l'homme sexuel ; ils ne mangeaient pas non plus de brebis, parce que cet animal représentait la femme victime des passions de l'homme. Toute l'histoire de l'agneau pascal est basée sur ce symbolisme. Les Isiaques se rasaient la tête parce qu'ils avaient appris jadis, dans l'enseignement des Prêtresses, que les passions sexuelles font tomber les cheveux de l'homme ; cet usage qui, se modifiant avec le temps, est devenu la tonsure. Ces Prêtres qu'on appelle Ision ne font plus dans les Temples d'Isis que des simulacres sans valeur.
C'est par la suppression du pouvoir divin de la Femme que commença l'Athéisme.
En effet, la révolution dans les idées et dans les principes de morale qui résulta de la substitution d'un sexe à l'autre, eut pour conséquence de jeter le doute et le discrédit sur tout ce qui, par là suite, se présenta accompagné de l'épithète divine. Cependant l'antique foi, basée sur une loi de la Nature, avait eu, au début de la vie humaine, une telle force qu'elle sommeillait toujours au fond de la conscience de l'homme.
Mais la connaissance parfaite de la Divinité restera toujours un mystère pour l'homme. Et pourtant, cette connaissance est ce que la Femme désire le plus, parce que c'est la base de l'entente qu'elle voudrait voir régner entre elle et lui. C'est pour cela que l'enseignement qu'elle donnait avait pour premier précepte : « de croire à la Divinité, de la connaître, de l'aimer, de la servir ». Recommandations restées dans tous les catéchismes, qui tous ont remplacé la vraie Divinité par une chimère incompréhensible.